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Troisième tentative et dernière de l'année :



Comment ne pas saluer et encourager la persévérance de ce sportif qui met tout son coeur et ses tripes à l'ouvrage pour battre le record mondial de longue distance en kite et en 24H ?
Pour cette 3ème et dernière tentative de la saison, la météo semble au rendez-vous, mais avec le vécu des 2 autres essais, nous ne pouvons nous prononcer précisement sur le lieu de départ . Tout va encore une fois dépendre des prognostics météo et de la réalité sur l'eau !!! Restez à l'écoute, je vous tiens informer de toutes les  infos et je vous remercie de votre soutien journalistique. Et vivement un record battu pour qu'on puisse tous ensemble sabrer le Champagne !!!

>>>Dans quel état d'esprit, tu te trouves aujourd'hui, Dominique Rivard  :

" Malgré les deux échecs des tentatives précédentes, je ne peux pas me résigner à rester les bras croisés alors qu' est annoncée une nouvelle fenêtre météo avec un vent d' Est fort et régulier sur l'arc Antillais. Toute la logistique a été remise en route pour une dernière fois, pour un nouveau départ prévu pour Samedi matin (3 mars) à l'aube ou en début d'après midi,
malgré toutes les difficultés rencontrées pour reformer le Team BEST Freekite IST, impératifs professionnels et familiaux de chacun.
Le record est à ma portée, sans aucun doute : je me sens en pleine condition physique pour réaliser cet exploit mondial.
Il faut de la persévérance dans un tel défi, une envie de vaincre et de se surpasser. J'espère vous communiquer de bonnes nouvelles dans les prochaines 48 heures ....
Merci au médias pour leur confiance me permettant de partager ces moments avec le reste du monde."

Dom RIVARD


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Ca y est, c'est fait !!!!

 
Photos du trip  (Contraste des couleurs de la mer important en une même journée)

La carte   

Pour cette 3 ième tentative, tout s 'est joué en 36 heures, malgré, pour mémoire 4 jours avant le second échec !!!! Entre les analyses des échecs postérieurs, l' étude de la météo à venir et les solutions à apporter, le Team Best Freekite IST n'a pas chômé en remportant une 1ère victoire en se donnant les moyens de tout remettre en place sur les bons rails, alors que nous avions déjà jeté l' éponge jusqu' en 2008 ........Merci les Garçons.
Nous ne pouvions rester les bras croisés sur l' île de Marie-Galante et regarder le vent souffler tout le WE .....IMPOSSIBLE.
 
Nous décidons alors d' un départ le Samedi 3 Mars 2007 en pleine eau, au large de Marie-Galante à une bonne dizaine de milles nautiques dans l' EST pour pouvoir se dégager de l' île de la Dominique et descendre plus facilement sur sa pointe Sud ; tout le matériel est donc embarqué la veille. Le mat avec les phares déjà en place et 2 380 litres d' essence répartis dans les cuves du bateau ( 500 l + 800 l ) et 1 080 litres en bidons de 200 l. Nous sommes assis sur une bombe :-) !
 
Je me prépare à la maison après un court sommeil, il est 5 h 15 . J' enfile ma souris, mon intégrale, mon lycra, mes chaussons et vérifie une Nième fois mes sacs, dehors il fait nuit et j' entends le vent.......Ouf.
Tout le Team se retrouve vers 5 h 45 au port de Capesterre de Marie-Galante. Sont présents Jojo Bastareau ( le Propriétaire ), Curtis et Mikaël ( ses 2 mousses ) et Antoine Salomon qui sera cameraman, photographe, responsable logistique du matériel, de ma nutrition et de ma surveillance. Maurice Fichan (présent lors de la première et seconde tentative) restera à quai pour récupérer physiquement et ma femme Natacha est venue pour un gros bisou tendre et amoureux Nous montons à bord avec les ailes BEST (15 m² Waroo 2, 14 m² Waroo 1, et une 11m² Waroo 2), une Directionnelle et un Twin-tip.
Nous passons la grande passe et filons vers le large, dans l'Est.
 
La mer est un peu agitée et nous secoue sans ménagement puisque nous sommes face à elle. Le soleil se lève et nous fait entrevoir un grain au large. Je me mets à l' eau après son passage, je défais mes lignes, Antoine me décolle la Waroo, il est 7 h 20. On note sur le traceur/routeur le Waypoint de départ : N 15°57 et W 061°04. "" Y a plus K !!!!""
Rien à dire, cela fait du bien de se retrouver au large au Grand Largue sans obstacle. Que du bonheur, j' apprécie.
 
Le temps n' est pas clair et nous ne distinguons pas la Dominique. Elle apparaît après 2 heures et je mets le cap sur sa pointe Sud. C' est magnifique. Les falaises dominent sur plusieurs étages de 50 à plus de 200 m de haut, la mer agitée en bas. Houlala, c' est très hostile avec un fort courant et un gros ressac. On ne fait que traverser mais cela prend plus d' une heure à proximité.
 
Je m' éloigne et rentre petit à petit dans la Mer des Caraïbes. Quelques heures après, un front noir et plein de pluie se développe et m' oblige à tirer un peu plus vers la Martinique pour ne pas me le prendre en plein dessus. Le vent se lève malgré tout, la mer s' assombrit et je dépote à plus de 18 Noeuds, tout va bien, mais je pense aussi qu' il faut en garder sous le pied alors je ralentis pour soulager ma sangle abdominale qui joue le rôle d' amortisseur.
 
Le front passe et je me retrouve avec un vent mollissant mais pouvant avancer correctement en balançant l' aile (pomper). Il ne s' agit pas d' aller vite mais loin, donc pas d' inquiétude. Sauf que de plus en plus, il faut pomper plus vite et abattre limite en vent arrière pour rester à flot. L' horreur quoi .........Je zigzague en attendant le passage de la bulle. Gros coup de déprime en pensant à la 1ère tentative où il à fallu pomper pendant des heures sans jamais revoir le vent et abandonner.
 
Après une heure, je sens que ça rentre et je reprends espoir, en reprenant ma route vers le large de la Martinique (plus de 25 milles nautiques). J' ai très soif et j' ai vidé mon sac à dos. Je sue beaucoup avec toutes mes épaisseurs et j'ai la bouche pleine de sel mais il n' est pas possible de prendre le risque de faire tomber l' aile, donc pas de ravitaillement pendant les coups durs.
 
Une fois sorti d' affaire, je reprends des forces avec des oeufs, des barres de céréales, du Coca et du Fortimel . Puis , c' est l' heure du bilan. J' ai perdu des forces dans la bataille et du temps ( environ 3 heures ). Je n' ai pas dépassé les 90 milles nautiques et ça fait plus de 8 heures que je suis sur la board. Je ne suis pas pressé donc patience.
 
Tout rentre dans l' ordre avec l' arrivée d' un autre front sur la latitude du Sud de la Martinique. Il est 16 h. Je suis aux anges car j' avance vite et le moral est bon. Mais je sais ce qui m' attend dans quelques heures : la baston :-( !!!  Pour agrémenter le tout, une petite colonie d'une dizaine de dauphins vient faire son apparition autour de moi mais impossible de prendre une photo avec eux , ils se sont rapprochés du bateau et en 5 minutes tout le monde avait disparu.  
 
J' ai l' impression que la nuit est en avance avec ce front Nord/Sud qui me mange petit à petit. Je le sens menaçant et j'ai besoin de me rassurer avec mon bateau de sécurité. Antoine me fait part aussi de son angoisse. Il faut que nous filmions la scène et que je sois très vigilant sur ma sécurité. Je détache le leech de la planche et le laisse traîner dans l'eau, je mets en place le leech de l' aile et je vérifie la présence de mon coupe-ligne. Tout s' accélère en moins de 5 minutes, la mer se frippe et devient noire, les moutons au vent me signalent l'arrivée du vent violent. Je tire la sangle du Dépower à fond et je pars en surf au grand largue tout choqué..........C' est parti !!!! Mais je ne peux pas contrôler l'aile qui me secoue comme un prunier, ça va trop vite et trop violemment, je percute les vagues devant moi avec force. Je ne pourrai pas tenir ce rythme longtemps. Je m' arrête et décide de larguer la board qui est récupérée par The Coach. Mais l'aile au zénith, ce n'est pas la solution, elle m' arrache trop alors je pars à nouveau en fuite mais en tracté sur le ventre. Je bois la tasse toutes les 10 secondes et avance entre 4 et 5 noeuds. Il faut tenir, j'ai mal aux bras, la langue se transforme en salière, j'ai l'impression d' avoir mangé des tonnes de Pop-corn, les yeux me brûlent mais rien ne semble vouloir casser, tant mieux .
Après environ 20 minutes, cela commence à vouloir se calmer et Antoine m'envoie le Twin-tip, c' est reparti. J'ai encore perdu du temps et des forces, mais pas d' inquiétude de ma part car je ne présente pas de douleurs particulières ( tendinites ...).
 
Le soleil fait une dernière apparition avant de disparaître sous l' horizon. Je n'ai pas vu le rayon vert du fait que le ciel était chargé. Je fais le plein de mon sac à dos et Jojo allume les feux, mais normalement je n'en ai pas besoin car c'est la pleine lune.
Mais par malchance, nous n'avions pas su qu'il y avait une éclipse totale de lune en début de nuit !!!! Je suis inquiet car la lune forme un anneau roux et ne m' éclaire en aucun cas, elle vient même de disparaître ..........Je râle d'une façon insensée sur l'erreur des scientifiques sur la pleine lune. J' en perds mon latin et je regarde le phénomène se transformer devant moi. Après plus d'une heure, la lune s' éclaire mais à l' envers, elle a un chapeau noire sur la tête ??? Mais c'est quoi ce binz ? Curtis me contacte par VHF et me demande si j'en ai pas marre de regarder la lune. Je lui explique avec émotion que c'est une éclipse totale de lune, je n'y crois pas, pas ce jour !!!!
 
Tout rentre dans l'ordre et je peux naviguer à ma guise sans éclairage supplémentaire. J'y vois assez pour surfer et amortir les vagues les plus fortes. Les ravitaillements se succèdent sans difficulté, l' équipe est bien rodée. Puis vers 23 heures, j' aperçois deux petites lumières au loin. Je pense qu'il s' agit  d'un bateau de pêche, puis 6 lumières et je pense alors avoir affaire à 2 ou 3 bateaux de pêche. Que ni ni .......... Il s' agit d'un paquebot de 200 m avec tous feux dehors , des centaines de lumières !!!! Beau spectacle inattendu. Je me trouve à environ une bonne trentaine de milles à l'ouest de St Vincent à la latitude de la moitié de l' île. Puis le vent me lâche assez rapidement et je me retrouve encore en mauvaise position à pomper et abattre plein Sud-Ouest. Vers minuit, je crains que ce soit de plus en plus la fin de la session. Et par un déséquilibre sur la board et la fatigue, l' aile rase la surface de la mer, les lignes touchent une vague et c 'est la cata ..... Sans air, elle s' arrête immédiatement et tombe sur son bord d'attaque. Je ne peux encore me résigner et nous essayons dans tous les sens de la refaire décoller.Tracté par le bateau, décollages dans les 2 fenêtres en nageant pendant plus de 40 minutes. Mais en vains !!!
J'en ai assez de barboter, alors je monte sur l'arrière du bateau, assis sur la chaise des moteurs, toujours attaché à mon aile posée en "paquet" sur la mer. Au bout de quelques minutes, je veux voir le GPS traceur et voir ma position : N 13°07 et W 061°54. Ok, j'ai repris le record 175 milles nautiques mais quelle déception d' en finir ainsi, il me manque un minimum de 100 milles nautiques.
 
La pillule est vite avalée, car immédiatement je me projette dans le défi 2008 avec l' expérience accumulée des trois tentatives. J' ai annoncé depuis un an qu'il était possible de rider pendant 24 heures et maintenant avec plus de 17 heures de kite dans les bras et les jambes , j'ai ma réponse positive à ce défis. Il faut encore un peu de patience et un peu de chance avec la météo et le tour sera joué.
 
Je remercie tous ceux qui ont adhéré à ce défis Freekite, donnant de leur temps et qui m'ont fait confiance. Par contre, j'ai besoin de trouver un sponsor financier pour les prochaines tentatives car la location du bateau, une équipe professionnelle logistique et surtout l'essence embarquée représente un coup élevé pour moi , mais qui serait minimisé pour un partenaire pouvant trouver dans ce défis mondial une bonne place publicitaire importante ( radio, télévision, magazine, DVD, invitation Défi Petit Navire, conférences....) et une dynamique d' entreprise certaine autour d'un projet sportif.
 
J'ai confiance et suis déjà à l'attaque pour la prochaine saison.
A bientôt.
Dom RIVARD
 

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